Il est significatif que André Onana ne soit potentiellement même pas le pire gardien de but numéro 1 que Manchester United ait connu durant l’ère Premier League. Pourtant, une corrélation troublante est indéniable : la période désastreuse du club au cours des deux dernières années coïncide parfaitement avec l’arrivée du portier camerounais de 29 ans. Cette situation pose une question cruciale sur la gestion sportive du club et l’évaluation des priorités.
Les recettes d’une équipe de football performante sont connues de tous. Deux éléments fondamentaux en sont le pilier : la capacité à marquer des buts et celle d’empêcher l’adversaire d’en mettre. Le concept est d’une simplicité enfantine : il s’agit de marquer plus que l’autre équipe tout en protégeant sa propre cage. Si Manchester United a identifié le premier problème, sa gestion du second, particulièrement critique, laisse perplexe et explique en grande partie les mauvais résultats.

Conscient de ses terribles lacunes offensives, le club mancunien a lancé un plan massif durant le mercato estival. Une somme astronomique dépassant les 200 millions de livres sterling a été investie pour acquérir les services de l’attaquant brésilien Matheus Cunha, de l’ailier français Bryan Mbeumo et de l’espoir slovène Benjamin Sesko. L’objectif était clair : améliorer radicalement une attaque qui n’avait inscrit que 44 buts en 38 matches de championnat la saison dernière, un chiffre indigne d’un prétendant au top 4.
Cependant, dans cette frénésie de recrutement offensif, le problème tout aussi criant de la dernière ligne de défense a été curieusement ignoré et laissé en suspens. Alors que le club a encaissé pas moins de 54 buts la saison passée, une statistique alarmante, la situation du poste de gardien n’a pas été traitée. La confiance est maintenue en André Onana, dont les performances erratiques et les erreurs directes coûtent pourtant régulièrement des points précieux à l’équipe. Cette incapacité à adresser une faille aussi évidente que le numéro 1 interroge sur la stratégie globale et pourrait, une fois de plus, plomber les ambitions de redemption des Red Devils. Le dilemme d’Onana reste entier.